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Ménages et entreprises emploient des stratégies différentes pour faire face aux conséquences de la crise à Tahiti

gestion des finances

Ménages et entreprises emploient des stratégies différentes pour faire face aux conséquences de la crise à Tahiti. C’est en cette phrase que se résume le rapport récemment publié par l’Institut d’Émission d’Outre-mer (IEOM) portant sur les conséquences de l’épidémie sur la situation financière de ces derniers en mettant en exergue les indicateurs conduisant à cette conclusion.

Dans le cadre de ses études intitulées « impact de la crise de la Covid-19 sur la situation financière des ménages et des entreprises », l’IEOM a suivi de près l’évolution de différents indicateurs comme les prêts bancaires, les rachats de crédits, les épargnes, les comptes bancaires, les investissements ou encore les dépenses de ces derniers.

Une initiative qui a permis à l’Institut de découvrir que de leur côté, les structures entrepreneuriales se sont fortement endettées tandis que les Polynésiens continuent de ménager leur portefeuille. Deux stratégies différentes qui ont cependant pour but de parvenir à une seule finalité: être suffisamment préparé pour faire face à des jours difficiles.

La voie de l’endettement pour les entreprises

En concentrant ses enquêtes sur le secteur entrepreneurial, l’IEOM a découvert que les entreprises ont choisi la voie de l’endettement pour faire face à la crise, mais surtout pour se créer un coussin de sécurité pour en amortir les effets dans l’optique où la situation venait à s’empirer. L’Institut en donne la preuve en faisant valoir dans une note que :

Dans l’attente d’être utilisés, les PGE débloqués contribuent aussi à l’augmentation des dépôts des entreprises augmentant de 9,6 milliards de Fcfp en juin, après une hausse de 7,6 milliards de Fcfp en mai.

Une autre manière pour cet organisme de dire que le recours aux emprunts bancaires est sur une tendance haussière, sauf que les sommes obtenues sont très peu utilisées pour financer les problèmes de trésorerie les plus basiques laissant de côté les investissements ou les besoins d’équipement. Une situation qui, selon l’IEOM, est quelque peu contradictoire en tenant compte du fait que depuis juin 2020 la capacité financière des sociétés a fortement progressé pour s’élever à un niveau 30 fois supérieur à la moyenne habituelle, grâce à l’accroissement des recours aux crédits.

Dans cette optique, l’IEOM a d’ailleurs fait savoir que le PGE (prêt garanti par l’État) a servi d’accélérateur à cette montée en force du niveau des emprunts au total 26,6 milliards de Fcfp octroyés à la fin du premier semestre en soulignant que :

Ce montant correspond à des PGE accordés, mais non nécessairement décaissés.

Ce, en notant qu’en mai et en juin les respectivement 7,3 et 10,1 milliards de Fcfp de prêts accordés étaient d’ores et déjà 10 fois plus élevé que la performance affichée en 2019 sur la même période.

L’épargne de précaution pour les ménages

Pour ce qui est des entreprises, la stratégie est claire, le salut et la survie passent par l’endettement. Quant aux ménages, l’on pourrait dire que c’est plutôt le contraire puisque tout indique que ces derniers ont décidé de suivre une autre voie en misant sur l’épargne de précaution se manifestant à travers différents indicateurs.

À commencer par le fait que, malgré le déconfinement, le niveau d’utilisation de leur carte de paiement se trouve encore à 18% inférieur à celui d’avant-crise reflétant le ralentissement de la reprise à la consommation et incitant les analystes de l’IEOM à dire que :

En mai et juin, les consommateurs accroissent leurs dépenses, mais modérément.

Une situation qui intervient, alors que durant les six semaines de confinement, leur capacité d’épargne a augmenté d’une façon significative en se manifestant essentiellement à travers les dépôts sur les comptes bancaires classiques qui se sont renforcés à hauteur de 10,2 milliards entre mars et mai.

Et comme si cela ne suffisait pas, tout indique également que les Polynésiens font tout pour éviter de s’endetter même si l’IEOM a détecté une timide évolution en juin qui est loin de rattraper la tendance baissière des crédits à la consommation affichée depuis février 2020. Une autre preuve qu’ils ont appuyé sur la pédale des freins en matière de dépense dans le but de ménager au mieux leur budget en évitant les mensualités qui pourraient amenuiser leur reste à vivre.

À noter qu’en parallèle, le prêt habitat a évolué dans l’autre sens pour la simple raison que ce type d’emprunt sert de valeur refuge pour les ménages.

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