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Les avis des économistes divergent à l’idée que la BCE pourrait subventionner les États endettés à cause du coronavirus

batiment BCE

En France, comme dans différents pays où la présence du coronavirus a été détectée. Le niveau d’endettement de l’État a progressé d’une façon vertigineuse suite aux dépenses destinées à faire face à cette épidémie. Pour les aider à alléger leurs dettes, l’idée d’un financement direct de la BCE a émergé pour susciter la controverse auprès des économistes.

D’après les prévisions, le taux d’endettement de la France pourrait atteindre la barre des 115% du PIB d’ici la fin de l’année 2020 à cause des dépenses liées à l’épidémie du coronavirus. Soit, à un niveau relativement élevé pour susciter l’inquiétude auprès des observateurs qui y voient une menace pour l’économie. Pour éviter le pire, différentes solutions sont ainsi imaginées par des experts comme Jean Tirole. Ce prix Nobel d’Économie qui a proposé un système de rachat de crédits faisant jouer la BCE.

Et dernièrement, une autre solution a également été présentée. Celle qui met encore une fois la Banque centrale européenne dans le feu de l’action en permettant à cette dernière de créer de la monnaie pour subventionner directement l’État sans attendre aucune contrepartie en retour. Une option plutôt bien perçue par l’économiste Jézabel Couppey-Soubeyran contrairement à son homologue François Écalle.

Une solution plutôt risquée

François Écalle est l’un des experts à partager son point de vue concernant l’idée que la BCE devrait créer de la monnaie qu’elle injectera par la suite auprès des États pour les aider à alléger le poids de leurs dettes. Dans ce sens, cet ancien magistrat à la Cour des comptes a fait savoir que :

La création monétaire s’est toujours faite moyennant des contreparties.

François Écalle.

Et d’ajouter que :

La BCE est propriété des États. Si la BCE prête sans contrepartie, cela veut dire qu’elle subit des pertes. Dans ce cas, les États devraient la recapitaliser, donc lui redonner de l’argent. Tout cela ne sert à rien.

François Écalle.

Ainsi, tout indique que ce spécialiste est plutôt contre cette solution en précisant d’ailleurs qu’elle n’est pas sans risques comme :

  • La dévalorisation de l’Euro qui devrait subir une forte pression en entrant en concurrence avec des monnaies parallèles jugées plus solides ;
  • L’inflation qui aura tendance à s’accentuer, alors que les risques sont déjà très élevés depuis que la BCE a racheté les crédits sur le marché secondaire.

Une piste à explorer

Il va sans dire que François Écalle est contre cette proposition. Ce qui n’est pourtant pas le cas pour Jézabel Couppey-Soubeyran qui y voit une piste à explorer en précisant que :

La solution serait de permettre aux États d’être aidés par la BCE sans qu’elle n’attende un remboursement.

François Écalle.

Aussi, pour répondre aux inquiétudes de son homologue concernant l’inflation et la dévalorisation de l’euro, cette maîtresse de conférences à Paris 1 Panthéon-Sorbonne a soutenu que :

La quantité de monnaie créée par la BCE ne changerait pas. C’est juste la destination qui serait différente.

Pour étayer ces dires, cette économiste a d’ailleurs ajouté que :

Aujourd’hui, la BCE crée de la monnaie (1 000 milliards d’euros en 2020) pour acheter des dettes publiques sur le marché secondaire. Cela ne supprime pas les dettes. Cela ne fait que réduire les taux d’intérêt.

Ainsi, cette experte estime que la solution pourrait se trouver au bout de cette piste, sauf que pour y parvenir, la Banque centrale se doit franchir un obstacle, le traité européen l’interdisant de recourir à une telle procédure.

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