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Les Réunionnais sont moins endettés que les métropolitains

paysage de la Reunion

En rendant publics leurs Comptes économiques rapides pour l’outre-mer, l’Iedom, l’Insee et l’AFD ont par la même occasion fait un état des lieux de l’endettement des habitants de l’île de la Réunion. Ce qui a permis de découvrir que les Réunionnais sont moins endettés que les Métropolitains, malgré la tendance haussière du crédit qui s’est affichée depuis des années.

L’Iedom, l’Insee et l’AFD ont récemment publié les résultats de leur enquête sur l’endettement des Réunionnais pour la période de 2015. Il en ressort que depuis cette date, le marché du crédit n’a eu de cesse de progresser pour permettre à une bonne partie des ménages d’emprunter d’autant que les taux d’intérêt sont désormais aussi bas qu’en France.

N’empêche cependant que par rapport aux métropolitains, ils sont bien peu nombreux à bénéficier de ce type de service et différentes raisons en seraient à l’origine en soulignant que l’accès limité aux prêts y est pour beaucoup. Une situation qui a permis à ces derniers d’être moins endettés et en proie au surendettement.

L’accès aux crédits est limité sur l’Île

Sur cette Île qu’est la Réunion, un nombre limité de la population a recours aux emprunts qu’il s’agisse de rachats de crédits, de prêts à la consommation ou à l’habitat. Tout cela, parce que l’accès à ces services est limité.

Différentes raisons empêchent en effet les Réunionnais de s’y lancer massivement, mais l’on peut principalement pointer du doigt le taux de pauvreté qui ne fait que s’accentuer depuis des années. Une raison suffisante pour décourager les ménages à recourir au système et à inciter les banques à montrer une certaine réticence pour accorder leur confiance aux éventuels emprunteurs.

La preuve, le quart des salariés disposant d’un revenu entre 1000 et 1600 euros évite d’emprunter si 3% de ceux qui osent tenter leur chance se voient refuser leur demande. Pire encore, 15% des foyers préfèrent tout simplement y renoncer.

Résultats, le nombre d’individus disposant d’une créance en cours est passé de 45% de la population en 2010 à 38%, alors qu’en parallèle, le marché du crédit s’est accru durant cette période. Soit, une croissance respective de 8,9% et de 6,1% pour le prêt à la consommation et immobilier.

À préciser que l’accroissement des emprunts au logement est principalement porté par les habitants les plus aisés avec des revenus dépassant la barre des 2900 euros si ceux qui évoluent en dessous de ce seuil misent sur la consommation. Dans ce sens, l’on peut d’ailleurs constater que ces derniers se concentrent davantage sur un produit en particulier si l’on croit David Perrain, chargé d’études à l’IEDOM qui a tenu à préciser que :

« 7500 ménages n’ont pas du tout de prêt immobilier et uniquement des crédits à la consommation. Les Réunionnais y recourent plus souvent, car ils sont contraints d’investir dans des voitures. 70% des crédits à la consommation sont contractés pour un véhicule ».

David Perrain

Moins endettés que les Métropolitains

L’accès aux crédits est certes limité à la Réunion, mais force est de constater que cette situation a permis à ses habitants d’être moins endettés que les Métropolitains ne serait-ce que de prendre en compte le fait que sur l’Île, 38% des ménages sont liés à une obligations contre 45% en Métropole.

Pareille situation en ce qui concerne le surendettement puisqu’en Métropole, l’on peut compter 45 cas d’incidents de paiement déclarés pour 1000 habitants contre 31 pour l’Île. Au directeur de l’IEDOM d’y apporter plus de précision :

« L’Iedom a reçu 1157 dossiers de surendettement en 2018 ce qui représente 185 dossiers pour 100 000 habitants ».

Aussi, ce responsable a tenu à faire savoir que la dette moyenne des Réunionnais est élevée à 35 000 euros en précisant qu’ils sont bien nombreux (35 000) à se retrouver dans une situation financière risquée en affichant un niveau d’endettement dépassant de 30% leurs revenus. À noter que la moitié d’entre eux sont au chômage.

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