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Les Français continuent de déjouer les pronostics de croissances économiques

Courses ménages

Voilà maintenant plusieurs mois que le pouvoir d’achat des Français s’est élevé pour atteindre un niveau record jamais atteint en l’espace d’une décennie. L’occasion rêvée pour permettre à la croissance économique de la France de reprendre son envol à travers la consommation. Mais il n’en est rien puisque les ménages continuent de déjouer les pronostics.

Situation sociopolitique instable, environnement international peu rassurant, l’éventualité d’une crise ou de mise en place de nouvelles mesures fiscales… différentes raisons incitent les Français à mettre de l’argent de côté au lieu d’en dépenser. Malgré un précieux gain du pouvoir d’achat qui a dépassé la barre des 2%, ils ont en effet choisi d’épargner plutôt que de consommer.

Un choix qui risque de porter un coup fatal à la croissance économique du pays qui dépend principalement du marché interne. Les données récemment publiées par l’Insee le prouvent ne serait-ce que de tenir en compte le recul constant du PIB qui ne fait que s’accentuer durant le premier semestre de cette année.

Les Français ont mis au placard le levier de croissance

Avec la consommation qui représente plus de la moitié de son produit intérieur brut (PIB), l’accroissement économique de la France dépend en grande partie du niveau de dépense des ménages.

Et avec la hausse du pouvoir d’achat qui a atteint un niveau record de 2,3% (selon l’Insee) associé à des ressources de financement comme les prêts bancaires ou le rachat de crédits, ces derniers ont toutes les chances d’optimiser leur capacité à l’acquisition. Celle qui permettra au marché interne de reprendre son envol et de redynamiser l’économie réelle à travers les capitaux qui y sont injectés.

Mais il n’en est rien puisque les Français ont mis au placard ce levier en épargnant davantage de l’argent même si d’après les estimations d’Édouard Philippe, ce gain a permis à chaque foyer de renforcer leur portefeuille à hauteur de 850 euros par mois.

La preuve en est que les produits d’épargne ont connu une progression fulgurante de 15% entre janvier et mars de cette année et ont continué dans ce sens durant le second semestre. Soit, une situation qui a conduit un économiste à dire que :

« La faiblesse du taux de croissance de la consommation est bien décevante. L’attentisme des Français, qu’on pouvait comprendre en début d’année, semble se prolonger. Et les gains de pouvoir d’achat semblent continuer d’alimenter l’épargne ».

Dans ce sens, l’on peut constater l’évolution constante du Livret A ainsi que de l’Assurance-vie au détriment du marché de l’automobile qui a enclenché la marche arrière tout comme celui des dépenses alimentaires.

Ainsi, la nation ne peut compter que sur les investissements des entreprises qui a retrouvé ses couleurs, mais qui demeurent insuffisants pour relancer la machine en attendant que les recettes fiscales liées à la TVA ou aux taxes sur les carburants fassent leurs effets durant les six derniers mois de cette saison.

Des effets négatifs sur l’économie réelle

Il va sans dire que l’excès d’épargne des Français qui ne fait que s’accentuer de trimestre en trimestre constitue une entrave majeure à la redynamisation de l’économie dans l’Hexagone. Pour le dire, il suffit de se référer aux données de l’Insee qui ont mis en exergue un phénomène de ralentissement de la croissance économique.

Dans ce sens, l’Institut n’a en effet détecté qu’une légère progression de 0,2% du PIB entre avril et juin de cette année après une hausse de 0,3% au premier trimestre et de 0,4% entre octobre et décembre de 2018. Et d’après Jean-Baptiste Pethe, le système devrait continuer dans ce sens durant le second semestre. À ce responsable de chez Exane BNP Paribas, d’ajouter :

« Il peut y avoir un léger décalage dans le temps, mais tous les économistes devraient revoir à la baisse leurs prévisions concernant la consommation moyenne sur l’année »

Mais, il ne s’agit pas là de l’unique indice permettant de pointer du doigt les effets négatifs de l’excès d’épargne puisque l’on peut également énumérer le fait que le pouvoir public soit contraint d’admettre qu’en 2019, l’économie ne progressera que de 1,2 à 1,3%. Soit, à un niveau moins élevé que le 1,4% prévu.

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