Left Menu

Les autorités françaises font face à un niveau d’endettement qui a atteint son zénith

finances dettes

Le dynamisme du crédit atteint actuellement son record en France si bien que la tendance suscite les inquiétudes des pouvoirs publics. La réaction du HCSF (Haut conseil de stabilité financière) ne se fait d’ailleurs pas attendre, car il prévoit de réviser à la hausse le coussin contracyclique afin de mieux maîtriser les éventuels retournements.

Favorisé par la politique des taux bas instaurée par la BCE (Banque centrale européenne), l’endettement des Français, particuliers et entreprises, s’est incroyablement accéléré qu’à 6% en moyenne, d’après les données enregistrées l’année dernière, son évolution dépasse de loin celle de l’économie.

Les autorités du pays appréhendent la suite, ce qui est tout à fait légitime, car des expériences antérieures ont déjà prouvé que les effets d’un arrêt brutal peuvent être désastreux.

Ainsi, pour éviter cette situation, des mesures prudentielles vont être instaurées, notamment la constitution de réserves supplémentaires auprès des établissements bancaires au moyen de coussins contracycliques. Ces derniers pourront être une fois de plus rehaussés quoique la Banque de France essaie encore d’éviter cette solution de dernier recours.

Un emballement inquiétant

L’augmentation des encours de prêts, tous types confondus (consommation, immobilier, entreprises, etc.), a été très marquante l’année dernière. Elle est estimée à 6% en moyenne. Et ce n’est pas près de se stabiliser alors que l’économie de la France n’a évolué que de 1,5%.

Le niveau des dettes des ménages a ainsi progressé au point d’atteindre le seuil de 60% du PIB. Une tendance quelque peu contradictoire à celle observée chez ses voisins européens qui voient leur taux d’endettement baissé.

Celui des entreprises se trouve aussi à un niveau très élevé, à 70%. À savoir, le volume d’emprunt qui leur est octroyé a haussé de 6% dans l’Hexagone (contre 3,4% dans l’ensemble de la zone euro). Et d’après Standard & Poors, la dette brute des établissements français, qu’il s’agisse d’obligations ou de crédit bancaire, s’élevait à plus de 4 000 milliards d’euros en 2018 (175% du PIB).

Cet emballement est dû principalement aux taux bas mis en place par la BCE en vue de soutenir l’économie. En effet, il est actuellement possible de souscrire des prêts à 1,5% d’intérêt. Une parfaite aubaine pour les emprunteurs, mais une source d’anxiété pour les autorités qui appréhendent d’éventuels chocs économiques.

Interviewé par BFM le 8 mars dernier, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a d’ailleurs confirmé ses craintes. D’après lui :

« Quand le crédit augmente très rapidement à un moment, il y a un risque d'autant plus fort - l'expérience le prouve - qu'à un moment il freine trop brutalement ».

François Villeroy de Galhau

Des mesures que les banques vont trouver drastiques

François Villeroy de Galhau estime que le renforcement du coussin contracyclique, déjà amorcé en juin 2018, est la meilleure des solutions. Entendant par cela, une augmentation de son niveau qui a déjà été amené à 0,25% lors de la dernière décision du HCSF lors des premiers signes d’emballement l’an dernier.

Cette décision aurait dû être prise lors de la réunion qui s’est récemment déroulée sous la houlette de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, mais selon le banquier central :

« Nous regardons sérieusement s'il ne faut pas l'augmenter ».

Bruno Le Maire

En effet, même si la hausse se fera progressivement et ne devrait pas trop grignoter les fonds propres des enseignes bancaires ni empiéter sur leur croissance qui devrait remonter à 1,4% cette année, les banques verront toujours cette décision de mauvais œil. Déjà qu’elles se sentent pénalisées par les taux d’emprunt faibles imposés par la Banque centrale européenne qui impactent négativement sur leurs marges bénéficiaires.

De plus, l’activité ne manque pas non plus de contraintes, tant au niveau de l’octroi des prêts, mais aussi lors des renégociations de conditions, comme le rachat de crédits par exemple.

Pour en revenir au coussin financier, au gouverneur d’expliquer :

Le coussin contracyclique consiste à demander aux banques, quand le crédit augmente fortement, de mettre des réserves de côté, d'augmenter peut-être temporairement leur capital pour faire face à un risque de retournement du crédit.

François Villeroy de Galhau

appel gratuit 0 800 250 300