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La Banque du Canada a tenu sa promesse de revoir à la baisse son taux directeur

Banque du Canada

En mars dernier, à l’occasion d’un point de presse à Vancouver, la Banque du Canada a laissé entendre qu’elle allait adopter une solution afin d’alléger les ménages du poids de leur niveau d’endettement qui devient presque insoutenable pour la majorité. Et il faut croire que l’institution a tenu sa promesse si l’on se réfère à la récente révision de sa politique monétaire.

La Banque du Canada a remis à jour sa politique monétaire à travers son taux directeur. Contrairement à ce à quoi la majorité des observateurs s’attendaient, cet indicateur a été revu à la baisse après une longue période de tendance haussière.

Ainsi comme l’avait annoncé la première sous-gouverneure, Carolyn Wilkins, l’institution allait tenir en compte le niveau d’endettement trop élevé des Canadiens.

À noter que leur nombre n’a eu de cesse d’augmenter ces derniers temps pour atteindre 67% de la population si l’on croit le sondage initié par Ipsos du 13 au 23 mars 2019 pour le compte de l’agence d’insolvabilité MNP.

Le taux directeur pointé du doigt

Au Canada et comme partout dans le monde, de nombreux outils sont mis à la disposition de la population pour leur permettre de réaliser des projets, partir en vacance ou alléger leur dette. Ainsi, l’on peut citer les prêts bancaires, la facilité de caisse ou encore le rachat et le regroupement de crédits.

Leur point en commun, ces différentes offres sont rémunérées à travers les taux d’intérêt qui ne cessent d’accroitre ces derniers temps à travers la politique monétaire de la Banque du Canada.

Depuis 2017, cette institution a en effet augmenté 5 fois à hauteur de 25 points chacune son taux directeur. Incitant ainsi les banques de la place à élever leur taux d’intérêt respectif. Ce qui n’est pas sans conséquence auprès des emprunteurs qui craignent le pire si l’on se réfère à une note du sondage effectué par Ipsos :

« 47 % des Canadiens craignent les difficultés financières en cas d’augmentation des taux d’intérêt et 35 % y voient un risque de faillite ».

Cette étude a d’ailleurs permis de constater que 67% de la population canadienne se disent plus endettés qu’en 2018 si d’autres, 47%, ont avoué regretter le montant des dettes qu’ils ont contracté dans l’optique d’une éventuelle hausse du taux cible.

À noter qu’en termes de marché obligataire, chaque croissance de 25 points du taux directeur entraîne une augmentation annuelle de 75 dollars du taux d’intérêt par tranche de 50 000 dollars.

Pari tenu pour la Banque du Canada

Il faut croire que la Banque du Canada est consciente du niveau d’endettement élevé des ménages si l’on croit Carolyn Wilkins lors d’un discours à Vancouver en mars dernier et qui s’est exprimée en ces termes :

« L’endettement élevé des ménages, qui atteint aujourd’hui environ 178 % du revenu disponible, est la principale vulnérabilité financière au pays ».

Carolyn Wilkins

Cette première sous-gouverneure a d’ailleurs profité de l’occasion pour dire que :

« La Banque en tient compte dans la formulation de la politique monétaire ».

Carolyn Wilkins

Pari tenu pour l’établissement puisque la dernière mise à jour de sa politique monétaire a été marquée par la baisse de son taux directeur qui s’est retrouvé à 2,25-3,25 %, contre 2,5-3,5 % auparavant. Une toute première depuis 2017.

Ainsi, les Canadiens, notamment ceux qui sont lourdement endettés et qui craignent plonger dans la difficulté financière ou dans la faillite en cas d’augmentation des taux d’intérêt ont obtenu un moment de répit. Et il faut dire qu’en prenant cette décision, cette institution financière a quelque peu stupéfié les observateurs qui tablent sur le fait que les taux demeureront inchangés pour de nombreux mois.

La surprise est d’autant plus grande en tenant compte des paroles de Carolyn Wilkins à l’occasion de la Conférence sur le logement de la SCHL d’il y a six mois en annonçant que :

« Elle doute que la Banque du Canada rejoue la même cassette consistant à abaisser ses taux pour inciter à plus d’emprunts et à alimenter ainsi une autre flambée des prix immobiliers ».

Carolyn Wilkins

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