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La vulnérabilité financière de la zone euro proviendrait de plusieurs faits selon la BCE

symbole euro

Après avoir suivi une tendance haussière et atteint son apogée, l’économie mondiale est actuellement en train de régresser. Et celle de la zone euro n’est pas plus brillante, avec une montée des incertitudes quant à la stabilité financière à l’horizon. Une situation qui suscite l’inquiétude de la Banque centrale européenne (BCE), qu’elle a d’ailleurs évoquée dans sa dernière Revue dédiée, publiée tous les six mois.

De nombreuses tensions ont été observées dans les quatre coins du globe l’année dernière, ne serait-ce que de citer la guerre commerciale à laquelle se sont livrés Les États-Unis et la Chine. La plupart des grandes économies mondiales ont vu alors leurs perspectives de croissance révisées à la baisse cette année.

À cet assombrissement de l’horizon économique, la zone euro ne fait pas exception alors que cela implique des risques à la hausse pour sa vulnérabilité financière.

Parmi les points relevés par la BCE (Banque centrale européenne) lors de la publication de son rapport semestriel, le Brexit, la surévaluation des marchés de l’immobilier, la faible rentabilité des banques, le budget italien trop optimiste et l’endettement des États pourraient renforcer l’instabilité tant appréhendée.

La baisse de la croissance mondiale impacte celle de la zone euro

Il y a un an, la perspective d’une accélération de la croissance mondiale a été pour le moins optimiste. Celle-ci devrait s’établir à hauteur de 3,9% pendant deux années consécutives. Pari non tenu, si l’on observe la tendance du deuxième semestre de 2018 qui semble avoir fait écho sur le T1-2019 avec un taux de croissance au ralenti à 3,3%, s’il était à 3,6% l’an passé et à 4% en 2017.

Ce fléchissement serait attribué à plusieurs climats de tension à l’échelle mondiale, notamment :

  • La normalisation de la politique monétaire au sein des nations avancées qui a entraîné une restriction des conditions financières ;
  • La guerre commerciale qui se déroule entre la Chine et les États-Unis ;
  • Le durcissement du système d’octroi de crédit en Chine ;
  • Les pressions au niveau de la macroéconomie turque et argentine ;
  • Les remue-ménages dans le secteur automobile allemand.

La croissance dans la zone euro semble avoir suivi une tendance similaire. Une situation qui ne manque pas de susciter une vive inquiétude auprès de la BCE. Dans sa Revue semestrielle publiée le mois dernier, la banque centrale appréhende une recrudescence des risques de vulnérabilité. L’institution évoque en effet que :

« Les défis à la stabilité financière augmentent dans un contexte de risques à la baisse pour les perspectives économiques […] Si les risques à la baisse pour la croissance devaient se matérialiser, les coûts de financement des émetteurs souverains vulnérables augmenteraient probablement, ce qui pourrait faire émerger des problèmes de soutenabilité de la dette ».

Immobilier, rentabilité des banques… dans le collimateur de la BCE

Face à ce climat d’incertitudes, la BCE a pointé du doigt certains faits comme étant des sources probables de l’instabilité financière, comme les signes de surévaluation des marchés de l'immobilier résidentiel, par exemple. En effet, ce phénomène semble menacer la baisse des dettes des ménages, une problématique que les banques s’activent à pallier à travers diverses solutions, telles que le regroupement de crédits.

Toujours est-il que ces enseignes bancaires se voient contraintes d’accroitre leurs fonds propres, notamment grâce au renforcement des coussins contra-cycliques. À savoir, ces établissements européens doivent en engranger un profit de 6% environ d’ici 2 à 3 ans alors que bon nombre d’entre eux génèrent de faibles rendements et ne seraient pas à même de couvrir les charges y afférentes.

La non-anticipation des investisseurs aux répercussions du Brexit est appréhendée par la BCE. À cette institution d’expliquer :

« Conjugués à un impact via les canaux commerciaux, des chocs potentiels sur les marchés financiers liés à un scénario de 'no deal' constituent un risque à la baisse important pour la croissance du PIB de la zone euro ».

Enfin, l’optimisme affiché par l’Italie concernant ses prévisions de croissance budgétaire 2019 a également été évoqué. D’après le rapport :

« Un manque de discipline budgétaire, le report des réformes budgétaires et structurelles ou même le retour sur des réformes passées pourraient raviver des pressions sur des émetteurs souverains plus vulnérables ».
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