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La lourdeur des charges financières se fait sentir même chez les ménages non endettés

une femme en train d'observer ses finances

Les ménages français qui voient leurs budgets minés par le coût de leur crédit ont été beaucoup plus nombreux en 2018 par rapport à l’année précédente. Du moins, c’est qui ressort des études menées par TNS-Sofres et FBF (Fédération bancaire française). Une situation qui contraste visiblement au contexte actuel où la compétitivité bancaire pousse les établissements à proposer à leur clientèle des tarifs tout aussi attrayants.

Des prix cassés et des conditions de prêt fortement bénéfiques, telles sont les opportunités des clients de banque à l’heure actuelle où la concurrence fait rage dans ce secteur. À cela s’ajoute le contexte économique qui a conduit la BCE (Banque centrale européenne) à maintenir les taux d’intérêt à un niveau plancher.

En dépit de cela, les charges financières semblent peser davantage sur les budgets des ménages. Et cela ne concerne pas seulement ceux qui ont souscrit des crédits. Il s’avère que l’alourdissement se fait également sentir chez les familles non endettées. L’explication de cette sensation se trouve dans l’enlisement notable de la situation financière des Français en l’espace d’un an (de 2017 à 2018).

De plus en plus d’endettés trouvent leur remboursement trop élevé

15,8%, c’est le taux des ménages français qui arrivent à peine à supporter le poids de leurs dettes bancaires l’année dernière, à en croire les estimations de la FBF à l’issue de sa récente observation ainsi que les résultats d’un sondage réalisé en novembre 2018 par TNS-Sofres. À titre d’indication, ce ratio était moins élevé en 2017, à 14%.

En appui à cela, moins de la moitié (47,2%) des familles endettées ont déclaré durant l’enquête être en mesure de régulariser aisément leurs mensualités alors qu’ils étaient auparavant à 50% environ. Bien sûr, ces chiffres font abstraction de celles qui estiment le montant de leur remboursement dispendieux, mais arrivent quand même à le gérer (37%).

Toujours est-il que ces résultats alarment quelque peu les observateurs. Et pour cause, bon nombre de ménages sont actuellement endettés dans l’Hexagone. À savoir, 47,8% d’entre eux ont souscrit un prêt à la consommation ou à l’habitat auprès de leur banque.

Les banques font déjà de leur mieux

L’alourdissement des charges financières ressenti par bon nombre de ménages pourrait être un trompe-l’œil si l’on prend en considération les divers contextes qu’il est possible de tourner au profit des emprunteurs. En effet, depuis quelque temps, les taux appliqués tant au niveau de l’épargne qu’au niveau des emprunts sont excessivement bas. Cela provient de la politique monétaire instaurée par la BCE afin de préserver l’économie de la zone euro.

Sans parler de la concurrence de plus en plus serrée du secteur bancaire qui pousse les établissements bancaires à se livrer une bataille de prix, et à afficher une souplesse remarquable en termes d’octroi ou de regroupement de crédits. Comme l’explique si bien l’expert en économie Michel Mouillart dans ces propos :

« La baisse des taux d'intérêt est une réalité, l'allongement des durées est venu pour les crédits immobiliers accompagner les baisses de taux qui se sont observées sur tous les types de produits, les conditions d'octroi se sont allégées ».

Michel Mouillart

Par ailleurs, cet enquêteur affirme qu’il n’est pas évident d’évaluer le pouvoir d’achat des ménages étant donné sa relativité. Selon lui :

« Qu'on prenne les crédits immobiliers ou les crédits à la consommation, on n'a aucun élément qui permette d'objectiver ce qui pourrait ressembler à un alourdissement des charges de remboursement ».

Michel Mouillart

D’après cet économiste, c’est la dégradation de la situation financière des Français qui éveille cette sensation. Ce qui explique le même ressenti chez les familles non endettées. Le fait est que près de cinq ménages sur dix (46%) voient sa condition se détériorer alors qu’en 2017, ils étaient un peu plus de trois sur dix (37%).

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