Left Menu
numéro meilleurtauxsolution

La Chine ne peut plus compter sur le crédit pour doper sa croissance économique

2019 nouvel an chinois Beijing Qianmen

Pendant des années, la Chine a pour habitude d’ouvrir le robinet du crédit pour doper sa croissance économique en cas de besoin. Face à sa situation actuelle, le pays semble, à nouveau, éprouver la nécessité d’utiliser cette stratégie. Ce qui serait pourtant, impossible si l’on croit les analyses d’un spécialiste en macroéconomie.

La Chine ne peut plus compter sur le crédit pour doper sa croissance économique. C’est du moins, ce qu’a fait valoir Christopher Dembik, à travers les résultats de ses analyses sur le sujet.

Pour parvenir à cette conclusion, ce responsable de la recherche macroéconomique chez Saxo Bank a en effet étudié de près les données de la Banque des règlements internationaux (BRI). Ce qui lui a permis de mettre en exergue les obstacles majeurs entravant la mise en place de cette stratégie.

Dans ce sens, tout indique que le système d’emprunt a, lui-même, atteint ses limites et qu’une éventuelle ouverture du robinet des emprunts ne fera qu’empirer la situation.

Les inconvénients priment sur les avantages

Alors qu’elle est en pleine guerre commerciale avec les États-Unis, la Chine se doit aussi de faire face à sa situation économique qui est en pleine phase de ralentissement. Pour le dire, il suffit de se référer à ses principaux indicateurs de croissance qui ont viré au rouge dernièrement. Entendons par là :

  • Le prix à la production qui a atteint son niveau le plus bas jamais enregistré depuis plus de trois ans en affichant une baisse de -1,2% en septembre dernier en glissement annuel ;
  • L’inflation qui a atteint la barre des 3% à la fin du troisième trimestre 2019 pour représenter le niveau le plus élevé en l’espace de six ans ;

Ainsi, comme à l’accoutumée, le pays pourrait envisager de redresser la barre en ouvrant le robinet aux différentes offres d’emprunts comme les rachats de crédits, le prêt hypothécaire ou à la consommation. Mais d’après Christopher Dembik, la mise en place de cette stratégie semble désormais improbable.

Cet expert estime qu’une éventuelle augmentation de l’intensité du crédit pourrait, contrairement à ce l’on pourrait s’attendre, présenter plus d’inconvénients que d’avantages.

Tout cela, parce que ce système aurait atteint ses limites après plusieurs années d’usage. Le macro économiste en donne la preuve en faisant valoir qu’en 2008, il fallait injecter 2,5 unités de crédit pour créer une unité de PIB, alors qu’en 1994, il suffisait d’en placer une pour créer une unité de produit intérieur brut. Ce qui le ramène à déduire qu’actuellement, la Chine se doit d’engager bien plus que 2,5 unités de crédit pour sauver la mise.

La Banque populaire de Chine a les mains liées

À travers ses analyses, Christopher Dembik est parvenu à conclure que la Banque populaire de Chine a désormais les mains liées si objectif est d’ouvrir le robinet du crédit pour rehausser le PIB du pays. Du moins, pour l’heure actuelle si l’on croit ce responsable de la recherche macroéconomique de chez Saxo Bank qui s’est exprimé en ces termes :

« Nous pensons que cette forte intensité du crédit, conjuguée à la résilience du secteur de l’immobilier, incitera la Banque populaire de Chine à attendre la fin de l’année et à ajuster sa politique monétaire fin 2020 si nécessaire. »

Christopher Dembik

Tout cela, parce qu’une autre augmentation de l’intensité du crédit ramènera les Chinois à faire face à une situation de surendettement, alors qu’ils sont déjà fortement endettés pour représenter :

  • 51% du PIB pour les dettes publiques ;
  • 53% du PIB pour les dettes des ménages.

Ce qui n’est également pas sans impacts sur les entreprises puisque cette situation n’a fait qu’accroître le ratio du service de la dette du secteur privé pour le ramener à atteindre la barre des 19,7% et dépasser de 13% le rapport enregistré avant la crise de 2008.

Concernant l’immobilier, l’expert tient à faire savoir que l’entrave se manifeste à travers le dynamisme actuel du secteur qui a d’ailleurs affiché un accroissement considérable de 10% en septembre dernier par rapport en 2018 sur la même période.

Une performance que la Banque centrale se tient bien d’éviter de mettre un terme à cause d’un éventuel assouplissement massif du crédit en notant que ce domaine représente près de 80% du patrimoine des Chinois pour faire de lui, le pilier majeur de la croissance économique du pays.

appel gratuit 0 800 250 300