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La crise des subprimes n’est pas uniquement la faute des ménages pauvres américains

ménages américains

Voilà dix ans maintenant que la crise des subprimes a marqué le secteur financier mondial. Depuis, l’histoire veut que ce soient les ménages pauvres américains qui sont à la source du problème. Mais de récentes révélations ont permis de découvrir que leur part de responsabilité est minime. D’autres facteurs encore plus conséquents y ont joué un rôle crucial.

Comme en 1929, la crise financière de 2008 a fortement perturbé l’économie mondiale. Prenant sa source aux États-Unis d’Amérique, ce problème a rapidement affecté de nombreux pays à travers le monde.

En ce qui concerne son origine, elle a été jusqu’ici principalement attribuée aux ménages pauvres américains qui ont enregistré des défauts de remboursement des prêts immobiliers dits « subprimes ».

Mais de récents témoignages étalent une nouvelle théorie. Celle qui attribue la plus grande responsabilité à la « loi du Rêve Américain » qui a déréglé le système économique du continent. Tout indique que les investisseurs – spéculateurs aussi y ont beaucoup à voir.

L’« l’American dream down payment act »en cause

Avec dix ans de recul, il est maintenant possible d’affirmer que « l’American dream down payment act » ou « loi du Rêve Américain » est l’un des leviers qui a déclenché la crise financière de 2008. D’ailleurs, c’est depuis la mise en vigueur de cette législation en 2003 que la proportion des nouveaux crédits immobiliers subprimes a connu une évolution fulgurante pour passer de 60% à 69% en 2007.

En effet, sans ce dispositif facilitant l’accès à la propriété à tous les ménages, la crise immobilière subprime n’aurait pas eu lieu d’être. La raison est simple, il a permis aux établissements bancaires d’accorder des prêts immobiliers conséquents à tous ceux qui voulaient en bénéficier.

Et ce, qu’importe la situation financière de l’emprunteur qu’il s’agisse de ménages pauvres ou de jeunes sans-emploi. Les conditions d’octroi ont également été assouplies autant que possible en supprimant les apports et en n’exigeant aucun document justificatif.

Les investisseurs-spéculateurs sont aussi coupables

Au fond, la crise des subprimes puise ses sources dans le comportement des investisseurs-spéculateurs.

Le prêt immobilier des subprimes est en effet, un investissement à risque qui pouvait leur apporter mécaniquement un rendement conséquent du fait que son taux d’intérêt est plus élevé. D’ailleurs, la plupart des banques n’ont pas hésité à adopter cette pratique pour optimiser leur bénéfice. Certaines d’entre elles ont même procédé à un regroupement de crédit afin d’attirer encore plus de clientèle.

Pour certains promoteurs, c’était même l’occasion rêvée pour acheter et revendre à prix élevé de nombreux logements. À Tina Tamboer, une analyste experte dans le domaine financier d’expliquer :

« Notre crise a été causée par ceux qui n’avaient pas besoin de crédit immobilier, mais ont gagné des fortunes dans cette période. Ils pouvaient emprunter sans apport, et ont acheté 5 , 6 , 15 , 20 maisons. La crise ne les a pas affectés puisqu’ils n’avaient pas mis un sou dans ces maisons, et qu’ils n’y vivaient pas. Quand elles ont été saisies, ils avaient déjà gagné beaucoup d’argent ».

Tina Tamboer

En se comportant ainsi, de nombreux spéculateurs ont, eux aussi affiché des défauts de remboursement engendrant la crise. D’ailleurs, une récente étude américaine a permis de constater que leur part de responsabilité est estimée à hauteur de 40%.

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