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Les inégalités se creusent entre les propriétaires et les locataires

Clef d'un bien immobilier

Entre 1998 et 2015, les prix de l’immobilier en France ont connu un bond considérable, notamment dans certaines régions. Mais cette situation a profité à ceux qui étaient propriétaires d’un ou plusieurs biens immobiliers : leur patrimoine s’est vu augmenter de 133%. Ainsi, la disparité économique entre les locataires et les propriétaires est de plus en plus prononcée.

Le 5 juin 2018, l’Insee a publié son rapport sur le patrimoine des Français ainsi que leurs niveaux de vie. Ce document a permis de relever qu’entre les propriétaires et les locataires, l’écart ne cesse de s’accroître.

En 2015, le niveau de vie médian des Français était de 1 692 euros, soit 0,4% de mieux qu’en 2014. Il n’y a pourtant pas lieu de s’enthousiasmer pour autant, pour deux raisons précises. D’abord, ce niveau est encore loin de retrouver la santé économique d’avant-crise.

Ensuite, les ménages modestes et les plus nantis n’ont pas affronté la crise dans les mêmes conditions. Les propriétaires de biens immobiliers ont vu leur patrimoine hausser au fil des années.

Les deux dernières décennies ont bien profité aux propriétaires

Entre 1998 et 2015, bien des actifs ont évolué. Si les actifs financiers ont connu une progression de 75% entre les deux périodes, les actifs immobiliers n’ont pas démérité. Ainsi, les propriétaires de biens immobiliers ont vu leur patrimoine augmenter de 133%.

En revanche, cette situation ne concerne pas les ménages les plus modestes qui constituent 30% de la population en Hexagone. En effet, la population de ces trois premiers déciles est composée essentiellement par de locataires. Mais ce n’est pas tout : par rapport aux années 90, les locataires français sont aujourd’hui largement plus démunis.

L’écart se creuse

Tous ces paramètres réunis ne font alors qu’accentuer le gouffre économique entre les propriétaires et les locataires en France. En effet, le patrimoine moyen des locataires est élevé à 13 200 euros. D’après Rosalinda Solotareff et Aline Ferrante, qui ont rédigé l’étude de l’Insee, la situation est nettement différente du côté des propriétaires :

Le patrimoine brut des accédants s’élève à 265 000 euros, assez proche de celui des propriétaires sans emprunt qui atteint 285 600 euros mais très loin des locataires.

Rosalinda Solotareff et Aline Ferrante

Les effets de la crise semblent amoindris

Toujours d’après l’Insee, 14,9% de la population en France vivait avec moins de 1 015 euros par mois ou 1 223 euros par couple en 2015. En d’autres termes, 8,9 millions de Français sont considérés comme pauvres.

Il est vrai que les chiffres provisoires laissaient paraître un léger mieux en 2016 (14%). D’autre part, le taux de pauvreté en France est le moins élevé au sein de l’Union européenne, notamment grâce au système de redistribution.

Cependant, une grande proportion de ménages subsistent avec moins de 60% du revenu médian, sans compter ceux qui multiplient les crédits et les opérations de rachat de crédits. En effet, une faible minorité de ménages cumulent des actifs financiers, des biens immobiliers, des contrats d’assurance-vie... Ils représentent à eux seuls 16% du patrimoine français.

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