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La question de l’endettement des ménages

Un couple en discussion de dettes

À l’approche des fêtes de Noël, Mathieu Lizotte revient sur l’endettement des ménages. D’après le docteur en sociologie, le crédit est un outil présentant aussi bien des avantages que des risques. Les dettes au Canada conduisent à l’enrichissement général, contrairement à ce que l’on pense souvent. Cependant, elles accroissent les inégalités sociales.

En cette période précédant Noël, il est toujours nécessaire d’évoquer dans l’espace public la question de l’endettement des ménages. Une étude réalisée par Mathieu Lizotte aboutit à un constat quelque peu alarmiste.

Il faut savoir que le docteur en sociologie est spécialiste de la dette au Canada entre 1999 et 2012. Aujourd’hui, il poursuit des études postdoctorales dans l’Hexagone.

Selon lui, la croissance de la dette des ménages n’est pas liée à un manque de discipline économique. Par ailleurs, la crise financière de 2008 était due à une insuffisance de régulation du crédit. En effet, elle n’était pas causée par des comportements irrationnels des ménages américains.

L’endettement contribue aux inégalités sociales

Contrairement à ce qu’on croit souvent, l’augmentation de l’endettement des ménages n’est pas liée à une vertu économique perdue. Mathieu Lizotte estime que l’hypothèque reste l’investissement principal de la plupart des Canadiens.

Par ailleurs, le prêt est un facteur de croissance de l’exclusion et des inégalités. D’après le docteur en sociologie, les possibilités offertes par le crédit sont intéressantes. On a également tendance à dénoncer le profit des établissements bancaires ainsi que les comportements irrationnels des classes populaires et moyennes. En effet, Mathieu Lizotte explique que :

L’hypothèque permet une épargne en dépit du profit des banques. À l’instar de tous les phénomènes sociaux structurels, le crédit est à la fois une contrainte et une liberté. Il donne aux ménages la possibilité d’augmenter leur patrimoine s’il est bien utilisé, c’est par exemple le cas au Canada.

Mathieu Lizotte

Depuis la crise financière de 2008, l’accès au crédit est devenu limité. Les possibilités d’épargne des ménages les plus pauvres ont diminué considérablement. En revanche, ceux qui peuvent emprunter continuent de s’enrichir. Cette situation favorise les inégalités de patrimoine et entraîne les ménages vers la grande pauvreté.

Tout est une question de régulation

Il faut avant tout savoir que les ménages très endettés peuvent opter pour un regroupement de crédits pour retrouver leur pouvoir d’achat. Cette solution financière leur permet également de concrétiser un nouveau projet, d’éviter une situation de surendettement, etc.

Toujours selon Mathieu Lizotte, la situation au Canada semble similaire à celle des États-Unis, ce n’est cependant pas le cas. Au nord de la frontière, on constate un creusement des inégalités à cause de l’accès à l’endettement.

Dans le sud, des milliers de personnes appartenant à la classe moyenne ont directement perdu une importante somme d’argent dans la bulle spéculative. Mathieu Lizotte pense qu’il est nécessaire de réguler le système banquier.

Il faut également donner aux ménages les moyens nécessaires pour prendre de meilleures décisions financières. Le spécialiste de l’endettement au Canada entre 1999 et 2012 souligne que :

La crise financière de 2008 était une erreur de régulation. Un débiteur doit être responsable de l’argent qu’il emprunte, et un créancier doit être responsable des prêts qu’il va octroyer. En effet, certaines lois de protection ont été rendues caduques par certaines pratiques.

Mathieu Lizotte

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