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La restructuration de crédit pourrait se révéler être un cadeau empoisonné

Gestion de crédits

Le regroupement de dettes est devenu monnaie courante en Belgique. Cette solution semble, en effet, arranger les accros aux crédits du pays étant donné son caractère pratique. Sans parler du fait qu’il s’agit d’une issue au surendettement. Toujours est-il que les endettés devront quand même prendre conscience des coûts qu’il pourrait engendrer, qui pourront être au final plus pénalisants pour leur portefeuille.

En Belgique, des centaines de milliers de citoyens sont fichés par les établissements bancaires pour cause d’insolvabilité. Il ne s’agit pas forcément d’individus vivant au-dessus de leurs moyens, comme laissent dire certains préjugés. Le fait est qu’il est facile de tomber dans le surendettement. S’en sortir serait encore une toute autre affaire.

D’autant plus que l’accès à différentes sortes de prêts est facile dans le pays. Et de fil en aiguille, un titulaire de compte sera tenté de souscrire à plusieurs types de crédits (à la consommation, auto, renouvelable, etc.). De quoi lui donner le tournis au moment des remboursements.

La possibilité de restructurer les dettes se révèle alors d’une grande nécessité. Sauf que cette solution pourrait coûter cher au contractant.

Un produit bien argumenté

Regrouper ses crédits pour n’en payer qu’une seule mensualité, tel est le souhait de tout emprunteur. Quant à réduire la charge de remboursement mensuel, ce sera encore mieux. Les établissements financiers ont compris ce besoin – réel pour certains, latent pour d’autres – et l’utilisent comme argument pour convaincre leur cible, qui sont principalement les foyers surendettés.

D’après la directrice du Centre d’Appui-Médiation de Dettes sis à Molenbeek, Anne Defossez :

La plupart du temps, le regroupement de crédits cible les personnes en difficultés financières. On leur propose de contracter un nouveau crédit pour rembourser tous leurs crédits en cours, mais aussi les dettes éventuelles, des factures impayées par exemple.

Si la solution est bien tentante, il n’est pas forcément évident pour un individu déjà submergé de dettes d’emprunter encore. Car il faut dire que la structuration de crédits implique la souscription à un nouveau prêt. Anne Defossez explique en ces termes les démarches des établissements spécialisés :

Dire au client qu'au lieu d'avoir 10 créanciers, 10 paiements différents à faire chaque mois, il n'y en aura plus qu'un. C'est beaucoup plus facile à gérer […] la nouvelle mensualité, qu'on vous propose, sera inférieure à la somme des mensualités que vous payez sur l'ensemble de vos crédits.

Le revers de la médaille

Les arguments avancés par les organismes prêteurs sont dans l’ensemble corrects. Mais il faut tout de même tenir compte d’une certaine logique. Car s’il est vrai que le montant à payer pour la seule mensualité est moins élevé que la somme des remboursements précédents, le délai devient plus étendu, ce qui revient au même.

À tout bien réfléchi, les charges y afférentes pourraient même s’avérer plus importantes qu’avant étant donné que ce type de soutien bancaire s’accompagne incontestablement de divers autres frais. Comme l’explique la directrice d’Appui-Médiation de Dettes :

Il y a d'autres frais qui viennent s'ajouter à cela. Le taux d'intérêt proposé est moins intéressant que sur les crédits regroupés. Ce n'est pas systématiquement le cas, mais c'est tout de même très fréquent. Et puis, quand on rachète des crédits, il faut payer des indemnités. Quand vous additionnez tous ces coûts, en fait, vous constatez que le regroupement de crédits, c'est cher.
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