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La question de l’endettement des étudiants menée au front

Etudiants

Suite à la hausse des frais universitaires, l’étudiant n’a de choix que de contracter des dettes à des taux d’intérêt dépassant leur capacité de remboursement.

L’endettement des étudiants relève du modèle néolibéral des années Thatcher et Reagan. Le système de remboursement proportionnel au revenu (RPR) permet à un diplômé ayant acquis un prêt étudiant de payer cette dette en fonction de ses revenus durant sa vie professionnelle.

Une pensée évolutive mise en exergue par Milton Friedman en 1955 qui utilise l’endettement comme outil pour plonger volontairement les gens dans un nouveau système de servilité.

En quête de valorisation de son capital, l’étudiant se comporte désormais comme un agent économique, il se met à l’affût des filières jugées pertinentes du point de vue de l’environnement économique. Le futur des étudiants est consacré à produire et consommer, tout en étant verrouillé à l’intérieur de ce système.

De leur côté, les universités se mettent en concurrence sur un nouveau « marché » mondial de l’enseignement supérieur déjà globalisé, selon le modèle du « World-class universities » ou Université de rang mondial.

Le système des prêts à remboursement proportionnel au revenu

Le système de remboursement proportionnel au revenu (RPR) permet à un diplômé ayant contracté une dette étudiante de le payer durant sa vie de travailleur mais en fonction de ses revenus.

Scruté par d’éminents analystes tels que Maurizio Lazarrato, Noam Chomsky ou David Graeber, le système du RPR apparaît comme un modèle de gouvernance par la dette.

Un nouveau rapport à la connaissance s’est instauré, tels des marchandises au sein d’un marché. En conséquence, la menace sur une perte de la conception humaniste des établissements scolaires se fait sentir progressivement malgré leur volonté de s’adapter au rythme du progrès technique et économique.

Frais de scolarité et l’endettement des étudiants en hausse

Les pays de l’Amérique du Nord et l’Angleterre ont été les pionniers du système. Pour environ 8.000 euros au Canada, 10 800 euros en Grande-Bretagne, voire jusqu’à 21 500 euros aux États-Unis, les frais de scolarité n’ont cessé de croître, l’endettement a suivi la même tendance.

Le constat est sans équivoque : ce n’est pas seulement le nombre de diplômés endettés qui croît, mais également le montant de leur dette. Résultat : l’étudiant moins aisé s’endette encore plus par le regroupement de crédits, la durée de remboursement étant rallongée, la dette a engrangé davantage d’intérêts, d’où son endettement massif.

Cependant, l’étudiant doit prendre une décision stratégique pour valoriser son capital. Il peut même acquérir des compétences achetées à crédits en ligne auprès de prestigieuses universités.

La formation est ainsi basée sur l’acquisition de compétences formelles et de savoirs encyclopédiques au même rang qu’un produit de marché, qu’on peut acheter ou recycler.

Créanciers et État, quel rôle jouent-ils ?

L’État déploie une politique d’endettement volontaire pour les étudiants et profite aux banques privées. Les prêts sont garantis par l’État. Les institutions financières privées ne prennent aucun risque tout en bénéficiant des intérêts.

Les mesures d’austérité sont appliquées à cause de la dette publique ou la crise des finances publiques. Pourtant, le lien doit se faire entre austérité et regroupement de crédits pour le privé, puisque la dette a longtemps servi à culpabiliser le moral des gens.

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